vendredi 29 octobre 2010

La check-list "sécurité du patient au bloc opératoire" serait mal comprise et mal utilisée

Je ne trouve pas ça super rassurant moi ! Heureusement qu'une équipe médicale a été chargée d'évaluer l'utilisation de cette "check list". 

Une étude française menée dans un CHU et présentée au dernier congrès de la SFAR (Société française d'anesthésie et de réanimation) conclut que la "check-list" de la Haute autorité de santé (HAS) destinée à améliorer la sécurité du patient au bloc opératoire est mal comprise et utilisée de façon inappropriée.

Le HAS a diffusé en juin 2009 une "check-list" des éléments indispensables à vérifier au bloc opératoire afin de réduire la survenue d'événements indésirables et d'améliorer la sécurité des soins. Elle avait alors fait l'objet de critiques, certains la considérant comme un "recul institutionnel". L. de Charentenay et ses collègues de l'hôpital européen Georges Pompidou (HEGP) à Paris (AP-HP) ont mené une enquête en mars 2010 au sein du CHU qui compte 25 blocs opératoires, avec un formulaire destiné à tous les métiers concernés, afin de mettre en évidence les facteurs de terrain susceptibles de limiter l'essor de cette "check-list".

Sur 40 entretiens conduits, 90% des personnes interrogées avaient été informées de la mise en œuvre de la "check-list" et 35% avaient reçu une formation à son utilisation. Mais seuls 16% (uniquement médecins) avaient lu l'article princeps ou un résumé, indiquent les chercheurs dans le résumé de leur communication. L'emploi de la "check-list" correspond à une obligation légale pour 77,5% des personnes interrogées.

Plus des deux tiers (67%) estiment cependant que les questions y figurant sont "futiles ou incongrues" et 70% que d'autres questions auraient été plus justifiées, telles que les allergies, pour les médecins, et le côté opéré, pour les infirmiers de bloc opératoire (Ibode). Les questions paraissent redondantes à 80% des personnes interrogées, ce qui serait nuisible pour 25%. En outre, 85% déclarent ne pas verbaliser l'ensemble des questions, tandis que 42% indiquent avoir déjà déclaré comme obtenu un item qui ne l'était pas encore au moment de la "check-list" et 15% un item qui n'a pas été du tout obtenu.

Par ailleurs, la moitié des personnes interrogées pensent que l'Ibode, censé être le coordonnateur local de la "check-list", ne comprend pas les questions qu'il pose. Ce taux de réponse s'élève également à 46% parmi les Ibode eux-mêmes. Seuls 30% des personnes interrogées estiment que la "check-list" serait à l'origine d'une meilleure entente entre les professionnels du bloc opératoire.

"Cette enquête, bien que préliminaire et monocentrique, met en évidence à la fois une mauvaise compréhension de la 'check-list' et une utilisation inappropriée", concluent les auteurs. "Elle confirme l'importance d'une formation adaptée à chaque métier portant à la fois sur le but et la méthode de réalisation de la 'check-list'", ajoutent-ils. http://www.wikio.fr

jeudi 28 octobre 2010

Témoignages des infirmères d'Henri Mondor

Un beau document riche en témoignages d'infirmières et d'infirmiers (!) produit par le Groupe hospitalier Henri Mondor : il est assez rare de voir les infirmières s'exprimer sur leur métiers, dire ce qui les a poussées à choisir une spécialité plutôt qu'une autre, etc.

http://www.wikio.fr

mercredi 27 octobre 2010

Attali veut améliorer l’équité du système de santé… Y’a du boulot!

Lu sur le site internet de Marianne.

A peine rendu, le rapport Attali, commandé par l'Elysée, est envoyé aux oubliettes des projets perdus. Le rapport a été jugé trop libéral - même par la droite - ou inégalitaire, notamment par Christine Boutin.

Le deuxième rapport de Jacques Attali présente quelques pistes pour améliorer l’efficacité et l’équité du système de santé français. Des propositions qui, pour beaucoup, ont un air de déjà-vu et tendent plutôt à un système pas si égalitaire.






Proposition numéro 6 : améliorer l’efficacité et l’équité de notre système de santé. L’ambition de Jacques Attali est louable. Dommage qu’elle passe par des propositions que d’autres ont déjà faites, allant qui plus est plutôt dans le sens d’un système de santé pas très équitable. « Améliorer l’équité d’un système qui évolue de plus en plus à l’américaine, ce serait bien, parce qu’aujourd’hui, il n’est déjà pas équitable », constate Christian Saout, président du Collectif interassociatif sur la santé (le Ciss). « Reste que le rapport de Mr Attali fait des propositions qui ne vont pas dans ce sens-là ». Déremboursement intégral de certains médicaments, instauration d’une participation financière pour les malades en ALD (affections longue durée, telles que le diabète ou les cancers, prises en charge aujourd’hui à 100% par l’Assurance maladie), mise en place d’un bouclier sanitaire… Autant de mesures que risquent de payer bien cher les ménages les plus modestes. « Faire payer les plus fragiles, c’est briser la solidarité et le lien social », s’est indignée la présidente du Parti chrétien-démocrate, Christine Boutin. « Le « détricotage » du filet de sécurité que constitue l’assurance maladie est permanent », se désole Christian Saout. « Pour équilibrer ce système, on ne cesse de le libéraliser davantage en transférant la dépense aux assurances complémentaires ». Reste que crise oblige, ce sont près de 14% des Français qui n’ont pas ou peu de couverture complémentaire. Ajoutez à ça des dépassements d’honoraires toujours pas contrôlés et des restes à charge qui grimpent en flèche, et vous obtenez une population qui renonce à se soigner, comme l’ont indiqué plusieurs études récentes – autant de problèmes que la commission Attali n’aborde pas. De tous les côtés, les acteurs du système de santé, depuis les médecins jusqu’aux patients, appellent à l’organisation d’un grand débat national. « Si le modèle de 1945 ne fonctionne plus, il faut en trouver un autre », affirme Christian Saout. « Mais ça, c’est un choix politique. La solidarité fait partie de l’identité française. Quand on touche à ça, il faut l’unanimité », poursuit le représentant des patients, appelant à des états généraux sur la question du financement du système de santé, plaidant pour une approche globale des problèmes (ce que n’a malheureusement pas fait la commission Attali). Au début du mois d’octobre, le Mouvement de défense de l’hôpital public (MDHP, composé majoritairement de médecins des Hôpitaux publics de Paris) faisait le même souhait. « Nous demandons instamment que soit organisé un grand débat national sur l’avenir de notre système de santé, son mode de financement et sa régulation », affirment les membres du MDHP (voir leur pétition sur le site http://petition-mdhp.fr). A bon entendeur… http://www.wikio.fr

mardi 26 octobre 2010

Cancer : les questions que les femmes se posent

Le Dr Marc Espié, oncologue, a répondu pour Metro France aux questions des feminautes et metronautes européens sur les cancers féminins qui touchent chaque année près de 65 000 femmes en France.


Emanlan : Bonjour Docteur, ma tante, la soeur de mon père, est morte d'un cancer du sein et sa fille aussi. Est-ce qu'il y a des risques pour moi, même si le lien de parenté est du côté du père ? Merci.
Hélas oui ! La transmission du cancer du sein passe à la fois par la lignée maternelle et la lignée paternelle.

Privacy6: Ma mère – qui est décédée aujourd’hui - a eu un cancer pendant qu’elle était enceinte de moi. Est-ce que je cours plus de risque de développer un cancer ?
Non, vous ne courrez pas de risque, le placenta servant de barrière entre le sang maternel et le foetus.

Dodo664: Est-ce que les changements hormonaux pendant la grossesse peuvent faciliter le développement d’un cancer ?
Les changements hormonaux pendant la grossesse ne peuvent pas créer de cancer. Il est possible cependant pour le cancer du sein qu'ils puissent accélérer la vitesse de croissance d'un cancer pré-existant.

Aly683: Est-il plus commun de développer un cancer après la ménopause ?
Oui. Le cancer est une maladie des gens âgés : il y a donc plus de cancers après la ménopause qu'avant. Les cancers de l'endomètre, de l'utérus et du sein sont plus fréquents après la ménopause. Le cancer du col est plus fréquent avant.

Akinom1958: Est-ce qu’il y des preuves scientifiques qui permettent de dire que des facteurs psychologiques comme le stress etc. peuvent provoquer un cancer – ou l’inverse ?
Nous n'avons toujours pas de certitude sur le sujet, le cancer est une maladie pluri-factorielle, chacun réagit différemment à un stress, en fonction de son histoire personnelle.

Kera72: Est-ce que les mycoses à répétition peuvent favoriser le cancer du col de l'utérus?
Non. Les mycoses ne facilitent pas la survenue d'un cancer du col. Cependant le cancer du col est une maladie sexuellement transmissible, et se sont les infections à papilloma virus (Hpv) qui augmentent ce risque.

Calcaneum: Le syndrome des ovaires dystrophiques micropolykystiques peut-il évoluer en cancer?
A priori, non.

Calcaneum: Prendre la pilule contraceptive pendant plusieurs années protège t-il ou au contraire expose t-il encore plus aux risques des différents cancers féminins?
C'est compliqué : la pilule protège du cancer de l'ovaire et du cancer de l'endomètre. Il y a un excès de cancers du col de l'utérus associé à la pilule, probablement parce que les femmes qui prennent la pilule n'utilisent pas de préservatifs. La pilule peut accélérer la vitesse de croissance de cancers du seins préexistants, mais ne va pas les créer.

Xxxcarriexxx: On m’a diagnostiqué un papillomavirus, est-ce que ça veut dire que je serai atteinte d'un cancer un jour?
La majorité des lésions liées au papillomavirus régressent et disparaissent. Mais certaines peuvent évoluer vers un cancer. Une surveillance régulière est donc nécessaire.

Shaz024: Est-ce qu’il y a des aliments qui augmentent le risque de cancer ?
On a peu de certitudes, les cancers du sein, des ovaires et de l'endomètre étant plus fréquents aux Etats-Unis et dans les pays d'Europe du Nord, il faut probablement éviter une alimentation de type nord-américaine et privilégier une alimentation méditerranéenne.

Cheryl90: Est-ce que si je mets le portable dans mon sac ou dans la poche, je risque d'avoir un cancer ?
Je n'en sais rien ! Il n'y a pas de démonstration d'un risque augmenté de cancer féminin lié au portable.

Elisab86: Les kystes au sein peuvent-ils se transformer en cancer ?
Les kystes n'augmentent pas le risque de cancer du sein, mais ils peuvent être associés à des lésions appelées hyperplasies atypiques, qui elles, augmentent le risque.

Ravellina: Y-a-il un lien entre les tumeurs et un système immunitaire affaibli ?
Le système immunitaire fait partie des défenses de l'organisme, certains cancers (reins, mélanomes, sarcomes) peuvent survenir plus fréquemment si le système immunitaire est considérablement affaibli.

Norlega13: Quels sont les symptômes du cancer de l’utérus et du cancer des ovaires ?
Le principal symptôme du cancer de l'utérus, ce sont des saignements vaginaux après la ménopause, et une sensation de gêne dans le bas du ventre. Il y a peu de signes en cas de cancer des ovaires, cela va de la douleur abdominale à des troubles des règles, à des pertes hémorragiques, des ballonnements, des troubles du transit abdominal...

Savachrist: Des douleurs au sein sont-elles un signe du cancer du sein ?
Rarement. Généralement le cancer du sein est indolore, sauf certaines variétés comme le cancer du sein "inflammatoire" : le sein devient brutalement rouge, douloureux et chaud.

Savachrits: Des douleurs pendant les rapports sexuels sont-elles un danger ? Ou signe de cancer ?
Généralement non. Une consultation gynécologique est souhaitable.

KittleKat2: Quelques cancers ne semblent pas avoir de symptômes particuliers. Comment savoir si je dois faire des examens ?
Oui. La majorité des cancers à un stade précoce ne s'accompagnent pas de signes. La seule façon des les dépister est : Pour le cancer du sein : le dépistage systématique par mammographie. Pour le cancer du col : le frottis vaginal.

Travelgirl4: L’endométriose, est-elle un signe de cancer ?
Non. Il existe peut-être un petit excès de cancer de l'ovaire associé à l'endomériose.

Elisa86: Pour diagnostiquer le Hpv, il suffit de faire un frottis ou il faut faire aussi d'autres examens ?
On peut diagnostique l'Hpv par un frottis, on peut aussi faire des prises de sang.

Elisa86: Le cancer des ovaires peut-il être détecté avec une échographie ?
Oui. Mais souvent trop tard. L'échographie systématique des ovaires n'a pas démontré son efficacité pour un diagnostic précoce.

Nathali2222: A quel âge est-il conseillé de faire des échographies au sein ? Et des mammographies ?
En l'absence d'anomalies, en France on recommande une mammographie de dépistage systématique à partir de 50 ans. Personnellement, je pense souhaitable d'effectuer une mammographie de référence à 40 ans. L'échographie n'est pas toxique, elle est recommandée chez les femmes jeunes et si les seins sont denses.

Tatagommy: Est-il vrai que si je prends la pilule anticonceptionnelle, depuis plusieurs années, je dois faire une mammographie de contrôle, même si j’ai moins de 25 ans ?
Non. 25 ans, c'est trop jeune pour faire une mammographie, car l'irradiation peut causer des cancers. A 25 ans, le cancer du sein est exceptionnel.

Kiriro: Combien de temps après la fin des thérapies contre le cancer peut-on procéder à la reconstruction du sein ?
On peut envisager une reconstruction mammaire de 6 mois à 1 an après la fin de la radiothérapie.

Nathali2222: Est-ce qu’on peut mourir d'un cancer de l’utérus ?
Oui, mais c'est très rare, car généralement on les diagnostique tôt.

Soleluna815: Après un cancer au sein, pourrais-je allaiter du sein qui n’a pas été opéré ?
Oui. Il n'y a pas de raison de ne pas essayer.

Soleluna815: Je suis enceinte après un cancer du sein. Les thérapies que j’ai suivies peuvent-elles créer des problèmes ou des malformations chez le foetus ?

Non, les médicaments sont rapidement éliminés. Au bout de 6 mois, il n'y a plus de risque pour le foetus. On conseille cependant d'attendre 2 à 3 ans avant de débuter une grossesse.

Jestemina: C'est normal de prendre 10kg pendant le traitement chimio et hormonothérapie ? Je prend du nolvadex et du zoladex ?
En effet, les femmes prennent souvent du poids pendant la chimiothérapie et l'hormonothérapie, sans qu'on en connaisse exactement les causes .Il y a une modification du mode de vie, des habitudes alimentaires, une tendance à grignoter pour couper les nausées, parfois une envie de se faire plaisir... Il est possible que la ménopause créée par les traitements facilite également cette prise de poids.

Source : Metro France
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lundi 25 octobre 2010

La levée de l'anonymat est une erreur

La levée ou non de l'anonymat du don de sperme continue à faire débat même si nous avons vu que Roselyne Bachelot se prononçait contre. Une conséquence pourrait être un frein au don de gamètes. Voici un point de vue qui enfonce le clou contre cette éventualité.

Le projet de loi de bioéthique défendu par la ministre de la santé prévoit une levée possible de l'anonymat du don de gamètes, et cette mesure pourrait même être rétroactive.

Quand j'en lis le commentaire dans Le Monde du 6 octobre, je me demande pourquoi les intervenants soutiennent ces positions-là. D'autant que le rapporteur de la mission parlementaire des lois de bioéthique concluait au contraire, à la suite de ses travaux, au maintien de l'anonymat du don de gamètes.


Les états généraux de la bioéthique, voulus par le président de la République, "pour que les Français puissent faire connaître leur avis sur des sujets qui engagent les conditions humaines et les valeurs essentielles sur lesquelles est bâtie notre société" n'ont pas jugé utile de préconiser la levée de l'anonymat. Ces Consultations démocratiques ne semblent pas avoir touché ni convaincu la ministre. On peut aussi , se demander pourquoi.

Serait-ce que le projet de loi veut répondre à la souffrance singulière exprimée par quelques individus dont on peut repérer qu'ils ont appris soit très tard, soit très mal comment ils ont été conçus, et qui croient que connaître l'identité des donneurs leur permettra de répondre à leurs questions existentielles et résoudra tous leurs problèmes ?… C'est là un leurre.

De fait, le donneur n'a pas cherché à leur donner naissance à eux en particulier. Il a donné son sperme au Centre d'études et de conservation des œufs et du sperme (Cecos) pour qu'un couple – qu'il ne connait pas et qu'il ne connaitra pas – désireux d'avoir des enfants et n'ayant pas de gamètes puisse en recevoir. C'est le désir des parents qui va donner la vie à un enfant. Le don est destiné à un anonyme, un étranger universel. C'est presque un don à la société. Et c'est un couple qui singularisera ce don pour en faire cet enfant-là.
On lit que des enfants nés grâce à un don voudraient pouvoir dire "merci à leur donneur". Que ne disent-ils disent merci à tous les donneurs et à tous les Cecos, car c'est toute une institution, tout un fonctionnement qui a permis leur naissance ? Le projet de loi actuellement en discussion semble chercher à ce qu' "enfin" triomphe la vérité, la transparence.

UN CADRE QUI RASSURE
Or, justement, l'exemple de la Suède cité par Le Monde temoigne d'effets contraires. Depuis la levée de l'anonymat en 1984, pas une seule demande d'identité du donneur n'a été présentée. Mais les médecins eux-mêmes constatent que les parents, du coup, ne disent plus rien de la conception à leurs enfants. Souvent, même, les couples vont dans d'autres pays où l'anonymat reste la règle.

Ainsi, en levant l'anonymat pour avoir de la transparence, on produit de l'opacité. Plus rien ne sera dit. C'est en fait l'anonymat du donneur qui permet de ne pas tenir secret le mode de conception car il impose un cadre qui rassure les parents. On ne peut pas aller au-delà.

Nous nous abstiendrons de rappeler les dégâts que produit ailleurs le fantasme de transparence quand on veut à tout prix le passer à l'acte dans le champ des relations personnelles, familiales, sociales, etc.

Si on lève l'anonymat, les parents ne parleront pas pour ne pas risquer l'irruption d'un tiers, le donneur, dans un espace familial déjà complexe. Quant aux donneurs, contrairement à ce que présuppose le projet de loi, ils demandent à être bien certains que l'anonymat sera respecté. Ils veulent aider des couples à devenir parents comme eux, qui ont eu ce bonheur, cette chance ; mais en aucun cas, ils ne souhaitent partager un lien avec cette nouvelle famille, ils ont la leur. On dirait que ce qui motive le projet de loi, c'est un refus de laisser la transmission symbolique l'emporter ; le besoin "réaliste" de voir le donneur bien présent, à portée de main. Comme si son engagement humain qui veut contribuer au bonheur de l'autre en restant le plus léger possible ne comptait pas assez et serait jugé irresponsable.

Anonyme ne veut pas dire incognito : nous qui travaillons en AMP et dans les CECOS, nous recevons ces donneurs et nous entendons leur générosité, leur altruisme… Chacun d'eux a ses raisons de donner, qui lui appartiennent. Sans développer ici ces raisons, disons que le plus souvent ils ont été touchés par la souffrance d'un couple proche. Alors que les couples font tout un chemin pour inscrire dans une filiation symbolique les gamètes qu'ils reçoivent, faut-il faire régresser ce travail ou le perturber en convoquant sur scène le donneur de ces gamètes pour tout savoir enfin sur l'origine ? Soyons sérieux, on ne peut pas tout savoir, et l'origine n'est pas un gamète.

Autre motif possible de cet étrange projet de loi : il semble traiter les gamètes comme des quasi-embryons et ceux-ci comme de petits êtres humains dont il faut convoquer le "géniteur". C'est là une erreur totale, car l'embryon n'est un projet d'être humain que si le désir des parents l'institue comme tel. Autrement, il est un amas de cellules, de purs possibles. Et en l'occurrence, ce désir parental veut que le donneur reste à l'écart et ne s'immisce pas dans cette scène.

En outre, il semble que cette loi soit appelée à être rétroactive. Cela conduirait à une situation où l'on ne peut plus faire confiance aux institutions ; où les lois manquent à leur parole. Quid, en effet, de ceux qui ont donné leurs gamètes en se croyant protégés par la loi de l'anonymat ? Et quid des soignants – dont je suis – qui les ont reçus et ont donné leur parole ? Tous ces gens seraient donc bafoués parce que la loi s'avise soudain de changer pour s'ajuster à des considérations médiatiques ? En ne donnant la parole qu' aux tenants de la levée de l'anonymat les médias ont réussi à rendre inopérantes toutes les conclusions de travaux sur la bioéthique et les témoignages des cliniciens de terrain. Faut-il croire que dans notre société ceux qui crient le plus fort l'emportent sur ceux qui plus discrètement mènent un travail fécond ?

Charlotte Dudkiewicz, psychanalyste, psychologue clinicienne, Cecos de l'hôpital Tenon (Paris)
Source : Lemonde.fr
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vendredi 22 octobre 2010

Pénurie de médecins en Ile-de-France : un défi à relever

Lu ce matin sur le Webzine de l'AP-HP. C'est un peu gênant ces histoires de pénuries de médecins, non ? On nous parle du maque de médecins dans la France rurale, la "France du vide"... et c'est maintenant au tour de l'Île de France d'être touchée ? Trop longues, trop chères, trop dures études pour un travail très ingrat ?

Les zones rurales ne sont plus les seules à souffrir de la baisse de la démographie médicale. Des régions jusqu’alors considérées comme privilégiées - à l’image de l’Ile-de-France - sont aujourd’hui touchées à leur tour et l’AP-HP se prépare à faire face à de sérieuses difficultés de renouvellement de ses médecins dans plusieurs disciplines.

Certaines régions ont eu, pendant longtemps, la réputation d’attirer les médecins et, plus largement les professions de santé. C’était le cas, entre autres, de l’Ile-de-France et des régions méditerranéennes. Mais cette image de région privilégiée en la matière a aujourd’hui tout d’un cliché.

Certes, la densité de médecins reste plus élevée en Ile-de-France que dans certaines zones rurales du grand Bassin parisien. Mais elle connaît, elle aussi, une évolution négative. Ainsi, l’Atlas de la démographie médicale, publié chaque année par le Conseil national de l’Ordre des médecins, indique que le nombre de médecins en Ile-de-France a diminué de 0,7% en 2009. La baisse atteint même -2,2% pour les médecins dits "en activité régulière", autrement dit hors médecins remplaçants et médecins temporairement inactifs. Il ne s’agit pas là d’un phénomène ponctuel. Au cours des trente dernières années, le nombre de nouveaux médecins inscrits chaque année au tableau de l’Ordre en région Ile-de-France - l’inscription est obligatoire pour exercer - a diminué de 30%... Autre facteur aggravant : la moyenne d’âge des médecins franciliens est de 51 ans, ce qui laisse augurer des départs massifs en retraite dans les prochaines années, très difficiles à remplacer. Même une très forte augmentation du "numerus clausus" - qui fixe le nombre d’étudiants admis à suivre des études médicales - ne commencerait à produire ses premiers effets que dans plus de dix ans.
La situation est aujourd’hui suffisamment préoccupante pour que les pouvoirs publics s’en inquiètent. Le Conseil économique et social de la région Ile de France a d’ailleurs publié le 20 octobre un rapport sur la démographie médicale, évoquant une baisse de 10% des effectifs médicaux en Ile de France au cours des 10 prochaines années et s’inquiétant notamment du recul de l’exercice libéral de la profession.
Ces difficultés concernent la médecine libérale comme la médecine hospitalière. L’AP-HP - qui emploie environ 46% des spécialistes exerçant en Ile-de-France - va ainsi devoir faire face, dès 2015, à d’importantes difficultés de remplacement. Sous l’hypothèse d’un recrutement uniforme entre l’AP-HP et les autres hôpitaux publics, seul un faible nombre de disciplines médicales hospitalières sont aujourd’hui assurées de pouvoir renouveler leurs praticiens titulaires si l’on s’en tient aux seuls diplômés issus du cursus universitaire français. D’autres disciplines vont en revanche connaître de graves difficultés en raison de flux de formation franciliens insuffisants et d’une mobilité professionnelle accrue : 25% de renouvellement des départs de praticiens titulaires en anesthésie réanimation et environ 50% dans des disciplines tout aussi essentielles comme l’anatomie et cytologie pathologiques, la médecine nucléaire et biophysique et la radiologie. Une perspective qui pourrait menacer, à terme, le fonctionnement des plateaux techniques (Rapport démographie médicale à l’AP-HP - 2009).

La réponse à ce défi démographique ne relève pas des seuls établissements de soins, mais suppose des politiques déterminées de la part des pouvoirs publics. Pour sa part, l’AP-HP a entrepris de faire face à cet enjeu considérable. A la suite du rapport réalisé en mars 2009, qui évoquait une baisse d’environ 500 spécialistes par an dans les prochaines années et une étude des estimations des besoins franciliens par un modèle démographique*, l’AP-HP a pu, avec la DRASSIF et les doyens demander l’augmentation significative des flux de formation pour le CHU de Paris dans le cadre du décret n°2009-272 du 9 mars 2009 qui instaure une régulation nationale et régionale pour toutes les disciplines médicales. Le plan stratégique 2010-2014 et, plus largement, la politique de modernisation de l’AP-HP prévoient ainsi de renforcer l’attractivité de l’établissement pour les médecins grâce à une meilleure gestion des carrières et à une anticipation des besoins. Ils prévoient aussi des regroupements et une meilleure organisation de l’activité médicale et des plateaux techniques, afin d’utiliser au mieux des ressources humaines appelées à devenir plus rares dans les prochaines décennies.

* Modèle démographique réalisé à l’INED par le Docteur Silvia PONTONE et Nicolas BROUARD

Philippe Clouet
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jeudi 21 octobre 2010

Méningite du nourrisson: un grand pas vers le vaccin

Si vous avez un bébé, cette information devrait vous intéresser. Elle buzze déjà pas mal sur le web :
Top Santé
AP-HP Actualités
Europe 1

Des chercheurs français ont identifié la protéine qui permet aux streptocoques du groupe B de franchir la barrière de l'intestin et et celle qui sépare le sang du cerveau. Un grand pas en avant dans la recherche contre la méningite du nouveau-né.

Le streptocoque du groupe B est une bactérie qui peut engendrer une des infections les plus graves du nouveau-né: la méningite bactérienne. Cette maladie grave est la conséquence du franchissement des barrières intestinale et hémato-encéphalique par la bactérie, car ce sont ces "barrières" qui protègent le nourrisson contre la dissémination des microbes dans le sang et dans le cerveau.

Grand pas en avant dans la compréhension de la méningite bactérienne : des chercheurs de l’Institut Cochin, de l’Institut Pasteur, de l’Inserm, de l’AP-HP et de l’Université Paris Descartes ont identifié une protéine présente à la surface de ce streptocoque, qui lui permet de coloniser et de franchir les barrières, découvrant ainsi ce qui permet à cette bactérie d’être un pathogène redoutable chez le nouveau-né.

"Ces résultats apportent la première explication moléculaire rendant compte des capacités du streptocoque du groupe B à induire des méningites chez le nouveau-né" expliquent les auteurs de cette étude.

La découverte de cette protéine et de son rôle crucial au cours de l’infection pourrait avoir des implications majeures dans la mise au point de nouveaux outils diagnostiques. Cette protéine pourrait aussi constituer une cible vaccinale pour la prévention des méningites à streptocoque du groupe B. http://www.wikio.fr

mercredi 20 octobre 2010

Paris se prononce pour l'ouverture d'une salle de consommation de drogue

Le conseil de Paris a voté, mardi 19 octobre, en faveur de l'ouverture d'au moins un centre de consommation à moindre risque pour usagers de drogues. "Cette initiative devra s'entendre comme une expérimentation validée par l'Etat et construite en collaboration étroite avec l'Agence régionale de santé, la préfecture de Police, les associations, les riverains et les élus concernés", précise le texte proposé au vote.
 
Ces salles, qui font l'objet d'un vif débat depuis l'été en France, ont pour but d'assurer aux drogués des conditions de consommation plus hygiéniques, et aussi d'atteindre les toxicomanes les plus précaires qui échappent jusque-là à tout suivi médical et social, et de les inciter à se soigner. Elles s'inscrivent dans le cadre de la politique de réduction des risques, qui comporte déjà l'échange de seringues ou la délivrance de produits de substitution.

Paris est la première ville à organiser un vote sur ce sujet ultra-sensible. Sa décision fait suite à la participation d'élus parisiens de tous bords à un séminaire mené par l'association Elus, santé publique et territoires, qui a rendu des recommandations en faveur de l'expérimentation fin septembre. Et à un constat local : les dispositifs de suivi des toxicomanes déjà mis en place "ne règlent hélas pas tous les problèmes", selon le texte, qui relève l'émergence dans certains quartiers du nord-est de scènes ouvertes fréquentées par des usagers désocialisés et en grande précarité, et le fort taux de contamination par l'hépatite C.

Des sujets jugés problématiques aussi bien pour les toxicomanes eux-mêmes que pour les riverains. Le Parti communiste s'est prononcé pour une ouverture, rappelant que les expériences étrangères avait fait la preuve de l'amélioration de l'état de santé des toxicomanes, et "qu'aucun pays n'a fait marche arrière". "Certains décident de fermer les yeux, nous nous choisissons d'agir", a déclaré Alain Lhostis, conseiller de Paris (PCF), et ancien président délégué du conseil d'administration de l'AP-HP.

"UN PROBLÈME DE SANTÉ PUBLIQUE"

Les Verts ont également voté pour, qui estiment nécessaire la création non pas d'une mais de deux ou trois salles pour éviter d'avoir à gérer l'afflux. Rappelant que les écologistes plaident depuis 2004 pour ces structures, Véronique Dubarry s'est montrée ravie de "l'évolution des mentalités".

Le Nouveau Centre s'est abstenu, mais Catherine Bruno a expliqué l'intérêt qu'elle porte, sur le fond, à ces structures : "il ne saurait y avoir de laissés pour compte de la santé publique", a-t-elle plaidé, décrivant "un problème de société qui impose de reléguer au second plan tout électoralisme".

Comme prévu, seule l'UMP s'est vivement opposée à la proposition de l'exécutif. Ainsi Philippe Goujon, maire du 15e, a rappelé la position du premier ministre, qui a jugé en août la mise en place de telles salles ni utile, ni souhaitable. L'élu a dénoncé des risques "de hausse de consommation et de banalisation de la drogue", ainsi que d'affaiblissement de la politique de lutte contre la drogue du gouvernement.
Si le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), qui avait appelé "à innover et adopter de nouvelles méthodes", s'était félicité à plusieurs reprises de la qualité et de la sérénité des débats, son constat n'a pas tenu jusqu'à la fin. Avec l'intervention de Daniel Vaillant (PS), mairie du 18e, le ton est monté d'un cran : "l'irresponsabilité, donc le laxisme, est du côté de ceux qui prônent le statu quo", a-t-il lancé à Philippe Goujon.

Jean-Marie Le Guen, adjoint à la santé et porteur du projet, a enfoncé le clou. "Ce qui nous différencie de vous, c'est que nous pensons que les problèmes de toxicomanie relèvent de la santé publique, et pas de la morale", a-t-il estimé, sous les huées de l'opposition.
Sur un tel sujet, une discussion paisible aurait été une grande surprise.

Laetitia Clavreul
 
Source : Le Monde
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Don de gamètes : « l'anonymat du donneur sera respecté. » Roselyne Bachelot.

Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, doit présenter ce mercredi matin le projet de révision de la loi bioéthique de 2004 devant le Conseil des ministres. Une étape clef avant les discussions parlementaires, attendues début 2011.

LE FIGARO. - L'une des innovations majeures est d'offrir aux enfants nés d'un don de gamètes la possibilité d'accéder à leurs origines. Quelles seront les modalités pratiques?
Roselyne BACHELOT. - Je tiens à rappeler que ce sont les parents qui sont détenteurs du secret des origines, et qui décident de révéler ou non à leur enfant qu'il est issu d'un don de gamète, spermatozoïde ou ovule. L'autre point important est que l'accès à l'identité du donneur se fera sur la base du consentement de ce dernier. Celui-ci n'aura pas à se déterminer au moment du don, mais bien plus tard, après la majorité de l'enfant, si il en fait la demande. Le texte prévoit aussi l'accès à des données non identifiantes du donneur, comme son âge. Des informations plus précises d'ordre socioprofessionnel et concernant sa motivation ne seront recueillies lors du don que si le donneur l'accepte.

Avec ce système, d'anciens donneurs craignent d'être recontactés. Et les Cecos (centres d'étude et de conservations des œufs et du sperme humain) s'inquiètent d'une chute des dons. Que leur répondez-vous?
La loi ne sera pas rétroactive donc les anciens donneurs n'ont pas à redouter de recevoir un courrier. En revanche, s'ils le souhaitent, ils pourront se manifester pour faire savoir s'ils ne s'opposeraient pas à une demande d'accès à leur identité. Quant au risque de diminution des dons, l'expérience d'autres pays qui ont adopté ces dispositions d'accès aux origines, comme le Royaume-Uni ou la Norvège, est rassurante. L'exemple de l'échec suédois est parfois mis en avant, mais il est dû au fait que, dans ce pays, la révélation de l'identité est obligatoire. En France, je ne m'inquiète pas au regard de la pratique constatée en matière de dons de gamètes.

Une autre nouveauté est la possibilité de dons croisés d'organes, de quoi s'agit-il?
En pratique, cela signifie que lorsqu'un donneur ne peut pas donner un rein à un receveur pour une raison d'incompatibilité, cette paire donneur-receveur sera inscrite de façon anonyme dans un registre géré par l'Agence de la biomédecine qui effectuera les appariements possibles avec une autre paire sur des critères de compatibilité. Grâce à cette nouvelle disposition, le nombre de greffes rénales pourrait augmenter de 100 à 200 par an. Bien entendu, l'anonymat du donneur sera respecté.

Malgré les souhaits de certains chercheurs, la loi va maintenir le principe de l'interdiction de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, pourquoi?
Depuis 2006, nous sommes dans une situation de moratoire, qui doit expirer en février 2011. Le nouveau texte va confirmer ce principe d'«interdiction sauf». Nous allons cependant supprimer la «clause de revoyure» pour les dérogations à ce principe, ce qui constitue une évolution significative. Dans l'état actuel des connaissances, ce système nous semble le garde-fou éthique le plus adapté, tout en préservant les progrès de la science et de la médecine. Avec ce dispositif, les recherches avec des cellules souches embryonnaires sont autorisées si elles ont une finalité thérapeutique. Depuis 5 ans, la majorité des demandes ont été acceptées, soit une cinquantaine de dossiers. Nous estimons que ces recherches sont complémentaires de celles sur les cellules souches adultes.

Pourra-t-on conserver le sang du cordon ombilical pour son propre enfant?
La loi va interdire de le prélever pour un usage autologue, ce qui permettra de mettre fin aux pratiques commerciales discutables. Surtout, le sang de cordon ne sera plus considéré comme un déchet opératoire. http://www.wikio.fr

mardi 19 octobre 2010

Hôpitaux : un nouveau type de contrat pour attirer les médecins

Je me demande bien comment sera calculée la part variable du salaire des PH. Comment peut-on mettre en place des "objectifs quantitatifs et qualitatifs" ? Par défaut (je grossis) : pas plus de 3 patients perdus par an / sur des critères de performance qui ne riment à rien : x patients vus en consultation...  

Un décret publié samedi au Journal officiel permet désormais aux hôpitaux de proposer des contrats de "cliniciens hospitaliers" aux médecins, prévoyant une part de rémunération variable et censés rendre l'hôpital plus attractif face au privé.
Ce nouveau type de contrat, qui suscite la défiance de syndicats de praticiens hospitaliers, était prévu par la loi Bachelot de 2009, mais nécessitait la publication d'un décret d'application.
D'une durée de trois ans, renouvelable une fois, il peut être proposé à tout médecin, sous conditions de diplômes, y compris ceux ayant déjà le statut de praticien hospitalier (PH), qui sont alors détachés de leur statut pendant l'exercice de ce contrat administratif.
Le contrat de clinicien hospitalier vise selon le décret "les emplois présentant une difficulté particulière à être pourvus" dans les hôpitaux.
Au niveau national, plus de 20% des postes de PH sont vacants, selon des estimations officielles datant de 2008.
Ce taux atteint même 30% dans certaines régions, obligeant parfois les établissements à engager des remplaçants sur des périodes très courtes et à des tarifs élevés, une pratique coûteuse pour les hôpitaux et souvent qualifiée de "mercenariat médical".
Les nouveaux contrats sont censés rendre la rémunération des médecins plus attractive dans les hôpitaux, soumis dans leur recrutement à la concurrence des cliniques privées.
Ils prévoient une part de rémunération fixe, et surtout une part variable, liée à la réalisation d'objectifs quantitatifs et qualitatifs.
C'est ce point qui a cristallisé les critiques des syndicats hospitaliers lors de l'adoption de la loi Bachelot.
L'un de ces syndicats, le SNPHAR-e, a déploré lundi "une très mauvaise réponse à un vrai problème", jugeant inadapté de rémunérer des médecins "sur des critères d'appétence économique plus que d'engagement pour le service public".

Source : AFP via Google http://www.wikio.fr

Les épidémies de grippe seraient liées aux pics de rhinopharyngites

Des chercheurs de l'Inserm ont démontré que le nombre de cas de rhinopharyngite chez les enfants de moins de 15 ans augmentait significativement avant la survenue d'une épidémie de grippe. Publiés dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire (InVS) mardi 12 octobre, ces travaux suggèrent que l'évolution de l'incidence des rhinopharyngites pourrait devenir un indicateur certifiant l'arrivée d'une épidémie de syndromes grippaux.

L'équipe de chercheurs, conduite par Laurent Toubiana de l'Inserm, a observé un délai de 10,2 jours entre les épidémies de rhinopharyngites et celles des syndromes grippaux pour la saison 2005-2006, contre un délai de 4 jours en moyenne pour la saison 2006-2007 et 8,7 jours en 2007-2008.
Au cours de ces trois saisons, les scientifiques ont découvert une synchronisation entre la hausse du nombre de cas de rhinopharyngites chez les enfants âgés de 6 mois à 15 ans et la survenue d'une épidémie de grippe.
Selon les auteurs de l'étude, l'âge a un impact sur la diffusion des épidémies. Les enfants sont généralement les premiers touchés par les différentes épidémies, notamment par les épidémies de grippe. Ainsi, sur les 61 évènements étudiés, l'augmentation du nombre de cas de rhinopharyngites chez les enfants est survenue 56 fois en avance par rapport à celle des syndromes grippaux.
"Nous avons pu confirmer pour la première fois, expérimentalement et à grande échelle, que les incidences hebdomadaires de rhinopharyngites infantiles augmentaient quasi systématiquement avant l'arrivée d'une épidémie de syndromes grippaux. (...) L'étude de l'évolution de la valeur de l'incidence des rhinopharyngites pourrait être considérée comme un indicateur parmi d'autres, confirmant l'arrivée imminente d'une épidémie de grippe", précisent les chercheurs.
Pour cette étude, les scientifiques ont comparé les données des rhinopharyngites issues de l'observatoire Hivern@le-KhiObs pour les maladies ORL de l'enfant entre 2005 et 2008 et celles du réseau Sentinelles. L'enquête porte essentiellement sur les populations d'enfants des deux sexes âgés de 6 mois à 15 ans et résidant en France métropolitaine.

Source : La Parisienne http://www.wikio.fr

lundi 18 octobre 2010

Vers un dépistage de la surdité dans les maternités

Réclamée par les médecins, cette stratégie fait l'objet d'une proposition de loi. 

Tous les nouveau-nés bénéficieront-ils bientôt d'un test de l'audition à la maternité ? Un projet de loi en ce sens, rendant systématique le dépistage néonatal de la surdité, devrait en tout cas être présenté dans les semaines à venir à l'Assemblée nationale, ont indiqué des médecins vendredi, lors de la conférence de presse du congrès annuel de la société française d'ORL, à Paris.
«Actuellement en France, seulement 25 % des surdités congénitales sont dépistées précocement. Nous sommes très en retard par rapport aux autres pays», affirme le Pr Noël Garabedian, chef du service ORL pédiatrique de l'hôpital Trousseau (Paris). Dans la plupart des cas, le diagnostic est porté au-delà de 16 mois, voire 30. Trop tard, estiment les spécialistes qui se battent depuis des années pour un repérage dès la naissance.
«Un dépistage n'engage à rien, l'important est de pouvoir communiquer le plus tôt possible avec l'enfant, que ce soit oralement ou par gestuelle», insiste le Pr Garabedian. Pour le Pr Bernard Fraysse, chef du service ORL de l'hôpital Purpan (Toulouse), la surdité néonatale remplit tous les critères d'un dépistage utile en terme de santé publique. «D'abord, c'est un handicap relativement fréquent : 1/1 000 naissances, soit 800 nouveaux cas par an en France, indique-t-il. Ensuite, il existe des moyens de prise en charge : comme l'orthophonie, l'appareillage, l'accompagnement scolaire, voire la chirurgie. Enfin, les évaluations montrent que les résultats sont très dépendants de la précocité de la prise en charge en orthophonie ou en réhabilitation par prothèse ou implant. »

Plusieurs tests 

Si le projet de loi aboutit, «les maternités devront obligatoirement proposer le dépistage, mais les parents seront libres», précise Edwige Antier, députée et pédiatre à l'origine du texte avec les députés Jean-Pierre Dupont et Jean-François Chossy. Lors d'une expérience pilote menée dans l'Hexagone, 98 % des familles en avaient accepté le principe. En pratique, le repérage repose dans un premier temps sur un examen simple, les potentiels évoqués auditifs automatisés (PEAA). Pratiqué pendant les premiers jours de vie par exemple par une sage-femme, le test dure 7 à 8 minutes. En cas de doute, le bébé doit être dirigé vers un centre de dépistage et d'orientation de la surdité, dans un délai de deux mois. L'objectif est d'abord de confirmer la surdité par des tests plus précis (seul un nourrisson repéré sur dix s'avère réellement sourd), et de faire un bilan complet, y compris génétique. http://www.wikio.fr

vendredi 15 octobre 2010

GRIPPE A - La Cour des comptes évalue à 61 euros le coût de la dose de vaccin

Ce cher vaccin contre la Grippe A...

Un rapport de la Cour des comptes présenté jeudi devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale évalue "à au moins 61 euros hors taxe" le coût de chaque dose de vaccin contre la grippe pandémique A/H1N1 utilisée, pour un prix moyen de la dose livrée de 7,2 euros. Les conditions d'achat des vaccins contre la grippe pandémique A/H1N1 et la renégociation des contrats "font apparaître de multiples faiblesses", indique cette enquête, demandée par la commission des Finances et des Affaires sociales. Elle portait sur "les comptes et la gestion de l'Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus) depuis sa création". Placé sous la tutelle du ministère de la Santé, l'Eprus a été créé en 2007 pour gérer le stock des produits de santé constitué afin de faire face à une éventuelle attaque terroriste ou à une pandémie grippale


13,4 % des doses livrées utilisées
La gestion de la campagne contre la grippe H1N1 "a constitué pour lui un baptême du feu", souligne le rapport de la Cour des comptes. À propos de l'achat des vaccins, il relève que "les conditions dans lesquelles ont été conduites tant la passation des contrats que leur renégociation font apparaître de multiples faiblesses qui relèvent cependant davantage de la stratégie de négociation définie par la tutelle que des tâches de pure exécution réservées à l'établissement". Il cite : "recours discutable à l'article 3-7 du Code des marchés publics, absence de clauses conditionnelles permettant un ajustement aux incertitudes sur les délais et les quantités, exigences imposées par les fournisseurs en matière de prix, de mode de conditionnement ou de clauses d'irresponsabilité, caractère tardif de la dénonciation unilatérale des contrats".

"Un montant total d'indemnisation de 48,5 millions d'euros porte à près de 365,3 millions d'euros hors taxes (382,7 millions d'euros TTC) le coût des quelque 44 millions de doses de vaccin qui auront été livrées", indique le rapport. "Un bilan quantitatif de la vaccination met en lumière la très faible proportion de doses effectivement utilisées sur le territoire national (13,4 % des livraisons) ainsi que la part élevée (1/3) des vaccins mis en place qui ont été perdus ou devront être détruits", ajoute-t-il. La France avait initialement commandé 94 millions de doses de vaccin auprès de GlaxoSmithKline (GSK, 50 millions de doses), Sanofi Pasteur (28 millions), Novartis (16 millions) et Baxter (50.000). http://www.wikio.fr

jeudi 14 octobre 2010

Fermeture du service chirurgie cardiaque de l'hôpital de Metz, pas si simple...

L'affaire ne semble pas si simple qu'il y paraît. Je viens de tomber sur le dernier billet d'Eric Favereau... qui jette un peu le discrédit sur le Pr Roux.
Je suis maintenant bien en peine de me faire un opinion ! http://www.wikio.fr

Le service de chirgurgie cardiaque de Metz fermé en urgence par l'ARS

L'ARS de Lorraine justifie sa décision sur une logique purement comptable : la mortalité dans ce service est bien supérieure à la moyenne nationale. Soit. Mais à y regarder de plus près, les choses sont bien plus compliquées : ce service accepte des candidats à risque pour certaines opérations, que d'autres hôpitaux refuseraient, voire renverraient chez eux. Cela pose une question d'acharnement thérapeutique, mais donne aussi de l'espoir à certaines familles. 

Deux commentaires sur le Figaro, faisant suite à l'article ci-dessous, pour bien comprendre les enjeux de cette fermeture

Daniel DEBOUT - Après les hôpitaux non rentables, les malades non rentables! Si ces propos sont véridiques il faut condamner les experts de l'ARS pour discrimination et non assistance à personne en danger! Cela me rappelle le tri effectué il y a quelques décennies dans d'autres circonstances! Et pourquoi ne pas faire directement des injections létales, ce sera moins couteux pour la Sécurité Sociale. Quel formulaire de la SS faut-il signer pour approuver que l'on est trop malade et pas rentable, non soignable? Quel est le seuil critique? Y a-il une note administrative qui le définit? Le malade en est-il informé??? Où est le serment d'Hippocrate: "Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m'abstiendrai de tout mal et de toute injustice" Et selon que l'on est riche ou pauvre, la limite est-elle la même? Et ceux qui ont été sauvés, ou dont la vie a été prolongée, leur a-t-on demandé leur avis? Un scandale! Il y en a qui n'ont pas de coeur!

Philippe D. 1 - Dans un grand élan de générosité bien française, on peut estimer que la santé et la vie n'ont pas de prix. C'est bien vrai. Mais elles ont un coût. Je serai conspué, probablement insulté aussi pour oser dire cela. Et bien, j'ose, ne vous en déplaise. Je vais donc parler de financement. Là aussi, critiques et insultes vont pleuvoir. Un peu moins vives peut-être lorsque j'inviterai les critiques à être aussi les payeurs...Ils se reprendront bien vite pour me répondre que ce sont "les autres" qui doivent payer, bien sûr. Ah, vous me rassurez, je pensais avoir été téléporté à l'étranger pendant mon sommeil... Par ailleurs, je pense qu'il est fort difficile de faire la distinction entre soins et acharnement thérapeutique. Sommes nous encore ici dans le domaine du soin ? Ou entrons nous dans celui de l'acharnement ? Ces questions sont délicates ? Sans doute. Alors, réfléchissez avant d'entonner le chant de la vierge effarouchée. Sois un homme, mon fils, regarde en face les difficultés qui s'approchent. Ainsi parlait...mon père.


Chirurgie/service fermé: explications




La hausse du taux de mortalité en chirurgie cardiaque au CHR de Metz "résulte de la prise en charge de malades à très haut risque chirurgical", a expliqué aujourd'hui le Dr Pierre-Michel Roux, chef du service fermé lundi en urgence par l'Agence régionale de santé (ARS).

"Pour justifier cette décision brutale, l'ARS nous a reproché, à moi et à mon équipe, d'avoir opéré des malades âgés ou très âgés, porteurs de pathologies cardiaques gravissimes et de multiples autres pathologies associées", a affirmé devant des journalistes le Dr Roux, chef du service de chirurgie cardio-vasculaire et thoracique du centre hospitalier régional (CHR) Bon-Secours.

"Les experts, mandatés par l'ARS pour effectuer un audit du service, nous ont expliqué qu'il n'aurait pas fallu opérer ces malades qui, nous ont-ils dit, allaient tous mourir de toutes façons", a poursuivi le chirurgien.

"Refuser d'opérer ces malades aurait en effet amélioré les statistiques (de mortalité, ndlr) du service. Mais nous avons fait le choix d'opérer des patients et non des statistiques", a-t-il déclaré.

Une mission d’expertise de l'ARS avait conclu en septembre à une augmentation "importante" en 2009 du taux de mortalité dans le service du Dr Roux, qui a été fermé lundi à titre conservatoire par les autorités sanitaires. http://www.wikio.fr

mercredi 13 octobre 2010

Mireille Faugère choisit Michel Fournier

Décidément, la rentrée 2010 semble être un tournant pour la destinée des Hôpitaux de Paris. On les dit endettés plus que de raison : on annonce plus de 94 millions d'euros ce qui est pourtant sont loin des 310 millions de déficit annuel des hôpitaux militaires, soit le tiers du déficit des hôpitaux publics français ! Cela nous fait regarder les chiffres de l'AP-HP de manière plus optimiste, même si la partie est loin d'être gagnée.
Donc rentrée 2010 est nommée une nouvelle directrice générale de l'AP-HP, Mireille Faugère. Le Mouvement de Défense de l'Hôpital Public (ou MDHP, mené par André Grimaldi et Bernard Granger) fait immédiatement part de l'intérêt et des attentes qu'elle suscite. Et, comme pour apporter un signe d'apaisement, nous venons d'apprendre que Mireille Faugère vient de nommer Michel Fournier à la DPM, la direction de la politique médicale de l'APHP. Apaisement ou coup habile, salué par François Aubart, co-rédacteur avec Eric Favereau de La Plume et le Bistouri. "Voilà enfin une bonne nouvelle avec cette arrivée d’un pilote médical de haut niveau qui manie compétence, volontarisme et…doutes."
Restons donc optimistes pour cette institution, les choses semblent bouger dans le bon sens. http://www.wikio.fr

mardi 12 octobre 2010

Maladie d'Alzheimer : une nouvelle définition « fiable à 100% »

Nous avons déjà parlé plusieurs fois d'Alzheimer... Mais l'ouverture de l'Institut de la mémoire et de la maladie d'Alzheimer (Im2a) à la Pitié-Salpêtrière dans le contexte de la journée mondiale contre Alzheimer, a donné un coup de boost médiatique à la maladie

«Votre parent souffre d'Alzheimer». Tous ceux qui ont entendu cette phrase un jour se sont demandé comment un tel diagnostic pouvait être si fermement établi. La maladie n'est pas totalement connue, la médecine étant tentée de ranger dans cette case d'autres affections dégénératives du cerveau. Pour y remédier, un groupe d'experts internationaux, propose une nouvelle définition permettant de la diagnostiquer «dans près de 100% des cas», selon le Pr Dubois, directeur de l'Institut de la mémoire et de la maladie d'Alzheimer (Im2a) à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, qui conduit cette mission.
Dans l'ancienne approche, le diagnostic était «suspecté» du vivant du patient au stade déjà évolué de démence et «confirmé» après le décès par la biopsie cérébrale. Cette nouvelle vision, publiée par la revue spécialisée The Lancet Neurology sur son site internet, se base sur les nouveaux critères diagnostiques pour donner un vrai lexique sur la maladie. 

Un état latent où les symptômes n'apparaissent pas
La maladie d'Alzheimer apparaît dès lors que se conjuguent un trouble de la mémoire épisodique, c'est-à-dire l'incapacité pour le cerveau de mémoriser une nouvelle information, et «une signature biologique». Celle-ci peut être la modification d'une région du cerveau appelée hippocampe, qui se constate à l'IRM, une anomalie dans le liquide céphalo-rachidien, qui s'analyse après ponction lombaire, ou la preuve, obtenue lors d'une imagerie fonctionnelle, d'une baisse du métabolisme cérébral dans certains endroits précis.
Le groupe d'experts a défini un état latent, dit «pré-clinique», dans lequel les patients présentent ces biomarqueurs sans souffrir encore des symptômes. Le principal avantage de cette nouvelle définition, a souligné le Pr Dubois, est qu'«elle va permettre de proposer des critères d'inclusion de patients pour des essais de nouveaux médicaments». Des médicaments qui pourraient sinon soigner, du moins retarder le déclenchement de la maladie.
Dans un autre article mis en ligne par The Lancet Neurology, Lon (University of Southern California Keck School, Los Angeles), reconnaît son intérêt pour sélectionner des patients à des fins d'essais cliniques, mais reste plus réservé sur l'utilisation des biomarqueurs comme critères diagnostiques.
Le nombre de malades d'Alzheimer et des démences apparentées devrait doubler en 20 ans dans le monde, de 35,6 millions aujourd'hui à 65,7 millions en 2030. 860 000 personnes en souffrent en .

Source : Le Parisien http://www.wikio.fr

jeudi 7 octobre 2010

Des abeilles dans l'hôpital

Voici une news qui cadre bien avec l'idée que je m'étais fait de ce blog en le lançant : si vous en avez d'autres dans ce genre, je suis preneur !

L’association Ville mains jardins, en partenariat avec l’association Corpo Ambrosia et l’hôpital Saint-Louis (AP-HP), a créé un rucher pédagogique en installant deux ruches transparentes dans l’enceinte de l’hôpital. On aurait pu croire qu'il s'agissait de mener des expériences sur les bienfaits du miel. Le miel est un excellent cicatrisant, le pollen un tonifiant, la propolis a des vertus anti-infectieuses, la gelée royale stimulerait le cerveau, et la cire est utilisée dans les cosmétiques ! Ouf ! Rien que ça ! On parle d'ailleurs d'apithérapie, la médecine des abeilles.
Et bien non, le Webzine de l'AP-HP explique que ce sera un lieu "d’observation et d’expérimentation, de partage des connaissances et de dialogue," surtout adressé aux enfants des écoles

Le rucher sera inauguré le jeudi  4 octobre 2010, dans le grand de hall de l’hôpital de 11h à 16h ; une visite des ruches est prévu de 14h à 17h au pavillon des jardiniers.
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mercredi 6 octobre 2010

Roselyne Bachelot : un plan Sida comme baroud d'honneur pour la ministre de la santé ?

Dans Libération, Roselyne Bachelot l'affirme : "C’est un combat qui a accompagné toute ma vie. Je n’allais pas faire un énième plan qui ne serve à rien." Pour se faire, la ministre de la Santé lance une mesure forte pour son plan Sida 2010-2012 : la généralisation du test de dépistage du VIH à l'ensemble de la population de 15 à 70 ans. Il n'y aura aucune obligation. Seuls les praticiens seront incités à proposer le test à leurs patients, et pas seulement les "patients à risque".


Dans un premier temps, Bruno Spire, président de l'association Aides : "Ce plan, on aurait presque pu l'écrire". Mais si l'on fait un tour sur le site d'Aides, le discours est un peu moins enchanté : "Il est bien ce plan, dommage qu’avant même sa sortie, toute une partie soit déjà bonne pour la poubelle". L'association rappelle que, au moment de la présentation officieuse du plan Sida, "l'Assemblée Nationale votait un amendement restreignant le droit au séjour pour les étrangers gravement malades. Jusqu’à présent, une carte de séjour temporaire." Amendement qui  va a l'encontre d'une des volets du plan : la prévention et l’accès aux soins des populations immigrantes et/ou étrangères. Éric Besson a encore frappé... Roselyne se fera-t-elle expulser du gouvernement sans les honneurs ? http://www.wikio.fr

mardi 5 octobre 2010

Cancers colorectaux : Une base de données pour la recherche

Associant des partenaires académiques et industriels, le projet CReMEC (Centre de Ressource de Modèles Expérimentaux de Cancer) a notamment permis la création d’une collection de 54 modèles de cancers colorectaux, ouvrant de nouvelles perspectives pour accélérer le développement de nouvelles thérapies contre cette maladie.
Labellisé en 2005 par le pôle de compétitivité Medicen Paris Region, le projet de R&D collaboratif CReMEC (Centre de Ressource de Modèles Expérimentaux de Cancer) vient d’aboutir à la création d’une collection complète de 54 modèles de cancers colorectaux humains, deux modèles transgéniques, et une biobanque de plus de 5000 échantillons. « Ces modèles contribueront à accélérer le développement de nouvelles thérapies contre cette maladie qui touche plus de 400 000 personnes chaque année en Europe » explique le pôle.

Une synergie entre les différents partenaires


Le projet comportait plusieurs étapes. « La réussite du projet doit beaucoup à la synergie entre les différents partenaires qui ont mutualisé leurs compétences à chaque étape, depuis la collection de la tumeur au bloc opératoire jusqu’à la caractérisation moléculaire et pharmacologique des modèles  » souligne Medicen. La collecte d’un panel diversifié de tumeurs coliques, d’abord a été effectuée par l’Institut Curie, l’Institut de cancérologie Gustave-Roussy et l’hôpital Lariboisière (AP-HP). Les échantillons collectés ont été « sécurisés » par la société Oncodesign. Les données cliniques, pharmacologiques, histologiques et moléculaires ont ensuite été menées par l’Institut Gustave Roussy et sanofi-aventis (caractérisation moléculaire des tumeurs), Ipsen (tests pharmacologiques ex-vivo dans les différents centres collecteurs) et par sanofi-aventis, l’Institut de Recherches Servier et Oncodesign (études histologiques et pharmacologiques). Enfin, la base de données CReMEC a été développée par Ipsen et sanofi-aventis et l’exploitation commerciale des modèles CReMEC sera assurée par Oncodesign.

Vers de nouveaux projets de recherche


Le projet CReMEC a bénéficié d’un financement de 2,4 millions d’euros de l’Etat dans le cadre d’un appel FUI (Fonds Unique Interministériel), complété par un investissement industriel de 2,5 millions. Pour Emmanuel Canet, Président de Medicen Paris Region, «  le projet CReMEC a su créer de la valeur économique en Ile-de-France par la conjonction des ressources de ses partenaires. Les objectifs atteints en matière d’emploi, de création d’entreprises et de valorisation ouvrent la voie à la création en Ile-de-France du futur site de ressources biologiques en modèles expérimentaux.  » De nouveaux projets de recherche et demandes de financements ont d’ores et déjà été initiés par plusieurs des partenaires académiques à partir des résultats de CReMEC et le projet CReMEC 2 vient d’être préselectionné dans le cadre du 2e appel à projets pour des plateformes d’innovation du FUI. 
 
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lundi 4 octobre 2010

Les seniors, cibles du business de la mémoire

J'avoue être passé à côté de ce dossier plutôt intéressant sur le "business de la mémoire" paru vendredi 1er octobre dans le Figaro. La revue de presse des hôpitaux de ParisAP-HP actualités le met en avant aujourd'hui. Il me semble que ces entreprises sensées nous aider à stimuler notre mémoire, et qui nous appâtent sous l'ombre menaçante d'Alzheimer, ressemblent beaucoup aux entreprises qui profitent de la perte de points de permis (conseils juridiques, stages en tout genre, etc.). Le ressors est le même : faire du business avec une peur sociale : la dépendance physique avec Alzheimer // la peur du gendarme puis de la désociabilisation qui suit la perte du permis de conduire.

Sur le business de la mémoire : Les seniors, cibles du business de la mémoire

L'entretien du Pr Bruno Dubois, neurologue, directeur de l’Institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer (IM2A) à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) http://www.wikio.fr

vendredi 1 octobre 2010

Approches non-médicamenteuses de la maladie d'Alzheimer

La maladie d'Alzheimer met à mal tous nos plans de retraite, ébranle le socle familial et ouvre un abyme au coeur de la société de communication. Pour éviter de basculer dans le chaos, il nous revient d'en cerner l'univers et d'inventer de nouveaux modes de relation avec les personnes qui en souffrent. Le colloque organisé par Agevillage et les Instituts Gineste-Marescotti à la Cité des sciences les 3 et 4 novembre 2010 promeut les interventions psycho-sociales ; initiatives qui placent la personne au coeur d'une dynamique de bientraitance. Les approches non-médicamenteuses jouent un rôle considérable dans le prendre-soin des personnes atteintes de syndromes démentiels (maladie d'Alzheimer et maladies apparentées). Elles agissent sur les troubles de la mémoire, de l'orientation ou du langage, visent en permanence le maintien de l'autonomie psychique et fonctionnelle et atténuent de nombreux troubles du comportement et phénomènes d'agitation. Elles augmentent les sensations de bien-être et de plaisir, par le maintien de relations humaines riches en émotion, par l'élaboration de véritables milieux de vie pour les personnes vivant en institution.

Parmi les experts internationaux interviendront
- Magda Aelvoet, ancienne ministre de la Santé en Belgique, ministre d'État, membre du Conseil d'Administration de la Fondation Roi Baudoin
- Daniel Geneau, neuropsychologue, directeur du SEPEC-Service d'expertise en psychogériatrie, enseignement et consultation (Québec)
- Nathalie Rigaux, professeur de sociologie aux Facultés universitaires de Namur (Belgique)
- Martial Van der Linden, professeur de psychologie clinique aux Universités de Genève et de Liège

Des professionnels exerçant en CHU rendront également compte de leur expérience
- Le Pr. François Blanchard, chef de service de gériatrie au CHU de Reims, responsable de l'EREMA espace national de réflexion éthique sur la maladie d'Alzheimer
- Le Pr. Joël Belmin, gériatre, chef de service à l'hôpital Charles Foix AP-HP, Paris qui abordera la formation des médecins aux approches non-médicamenteuses
- Les cadres de l'hôpital Charles Foix AP-HP qui présenteront leur démarche de bientraitance

Source : Réseau CHU http://www.wikio.fr

L'Observatoire Sociétal de la Santé et de la qualité des soins en France

La deuxième vague de l’Observatoire sociétal de la santé et de la qualité des soins en France Ipsos / Générale de Santé dresse un état des lieux détaillé de la perception dans l’opinion du système de santé. Si l’attachement et la satisfaction dominent toujours, l’inquiétude grandit quant à l’évolution de la qualité des soins et la pérennité du système. Dans ce contexte, et bien que le coût de la santé soit déjà jugé très élevé, on voit émerger une sorte de responsabilité citoyenne vis-à-vis des dépenses de santé : de plus en plus de Français se déclarent prêts à faire des efforts supplémentaires pour garantir la solvabilité du système.


Source : IPSOS
Téléchargez l'étude d'IPSOS.

L’Observatoire Générale de Santé / IPSOS confirme la plupart des grandes tendances identifiées l’année dernière : les Français restent très majoritairement satisfaits de la qualité des soins garantie par leur système de santé.
  • Pour la très grande majorité des Français, la qualité des soins en France demeure satisfaisante (88% ; -2 points par rapport à 2009), voire même « très satisfaisante » (18% ; stable).
  • Pour 63% d’entre eux, la qualité des soins s’est d’ailleurs améliorée au cours des 10 dernières années (+2 points).
  • Les Français souhaitent que la qualité et la sécurité des soins restent la priorité en matière d’efforts et d’investissements (73%), plutôt que la proximité géographique des cliniques et des hôpitaux (20%).

Toutefois, quelques inflexions significatives apparaissent : les Français sont néanmoins plus inquiets quant à l’évolution de la qualité des soins et la pérennité du système.
  • Près de 6 Français sur 10 se disent aujourd’hui inquiets lorsqu’ils pensent à la qualité des soins en France dans 10 ans (59% ; +4 points). Parmi eux, 13% se disent même très inquiets à ce sujet (+2 points).
  • De même, la qualité associée au système de santé s’érode (37%, -4 points) tandis que les inégalités perçues (15%, +2 points) et la complexité (15% ; +4 points) progressent.


Par ailleurs, les Français jugent le coût de la santé déjà élevé.
  • Aux yeux des Français, la principale faiblesse actuelle du système est sa chèreté : 62% considèrent que le montant du « reste à charge » est une faiblesse du système. Pour 21% d’entre eux, il s’agit même d’une faiblesse « très importante ».
  • Plus de deux Français sur trois considèrent que ce qu’ils ont à payer pour se soigner est cher (69%), voire même « très cher » (pour 22% d’entre eux). Le coût des soins dentaires et de l’optique (lunettes et lentilles) est jugé particulièrement prohibitif (respectivement 66% et 65% des Français les jugent « très chers »).
  • Les tarifs et cotisations des mutuelles constituent cependant la dépense de santé qu’ils jugent la plus chère (40%), devant le reste à charge (28%) et les cotisations sociales qu’ils payent à l’Etat (28%).
  • Globalement, entre ce qu’ils payent pour le système de santé (honoraires des médecins, médicaments, cotisations sociales…) et ce qu’ils reçoivent en retour comme soins, les Français s’estiment davantage perdants (36%) que gagnants (22%).

Dans ce contexte, les Français reconnaissent la gravité de la question du déficit de la sécurité sociale et semblent désormais avoir une conscience accrue des facteurs qui concourent à ce déficit
  • Si 55% des Français considèrent que le déficit de la sécurité sociale est un problème grave qu’il faut régler d’urgence, 41% jugent qu’il s’agit d’un sujet de préoccupation important mais qu’on a parfois tendance à exagérer, sans doute parce qu’ils redoutent une hausse du coût de la santé dont on a vu qu’il leur paraît déjà élevé.
  • Selon eux, les raisons structurelles (et notamment démographiques) ne sont pas les principaux facteurs explicatifs de l’augmentation des dépenses de santé. Ils considèrent avant tout que cette hausse s’explique par les abus et fraudes des patients (52%) et la mauvaise gestion du système (46%).
  • Logiquement, combattre les abus et gaspillages des patients est donc la mesure jugée la plus efficace par les Français pour lutter contre le déficit (83% jugent cette action efficace, dont 54% « très efficace »). L’efficacité des autres mesures proposées convainc également : que ce soit le développement des hospitalisations de jour ou à domicile (81% jugent cette mesure efficace, dont 37% « très efficace ») ; la réduction des dépassements d’honoraires (77% dont 39% « très efficace ») ou le développement des partenariats public privé (68% dont 17% « très efficace »).

On voit donc émerger une responsabilité citoyenne vis-à-vis des dépenses de santé et les Français sont plus nombreux qu’auparavant à se dire prêts à faire des efforts supplémentaires pour garantir la solvabilité du système.
  • Même s’ils ont tendance à relativiser la gravité du déficit, les Français sont vraisemblablement suffisamment inquiets pour envisager, à 51%, une hausse des prélèvements et cotisations sociales (29%) ou une baisse des remboursements (22%) plutôt que d’envisager une augmentation de la dette de l’Etat. Cette dernière solution est tout de même jugée préférable par 31% des Français, et en particulier les plus modestes (35% des individus dont le revenu mensuel net du foyer est inférieur à 1200€).
  • Les Français se montrent également davantage enclins à reconnaître l’efficacité des mesures proposées pour résoudre le problème du déficit de la sécurité sociale qu’en 2009 : 27% considèrent que travailler plus longtemps serait la mesure efficace (+6 points) ; contre 26% pour la baisse du niveau des remboursements (+6 points) et 24% pour l’augmentation des cotisations sociales (+7 points).
  • Les Français sont enfin davantage prêts que l’année dernière à envisager la mise en œuvre de ces mesures, y compris si elles doivent les affecter personnellement. Ainsi, 42% des actifs se disent prêts à travailler plus longtemps (+13 points depuis 2009 ; le débat sur la réforme des retraites ayant vraisemblablement contribué à cette hausse). Pour 42% des Français, payer davantage de cotisations sociales est également envisageable (+16 points). Ils sont aussi 42% à s’estimer prêts à obtenir des remboursements plus faibles (+14 points). Ces chiffres ne sont bien évidemment pas annonciateurs d’une acceptation aisée de telles mesures au cas où elles seraient prises, mais traduisent malgré tout une évolution importante des perceptions.

Malgré cette prise de conscience salutaire, l’un des enseignements de l’étude est l’effort de pédagogie nécessaire pour résoudre le décalage entre la connaissance du système de soins par les Français et sa réalité économique.
  • Pour une majorité de Français (55%), les patients seront appelés à jouer dans les années à venir un rôle plus important dans la prise en charge de leur propre santé. Plus actifs, ces « nouveaux patients » seront aussi mieux informés sur les risques et les comportements à adopter pour protéger leur santé (49%).
  • Une meilleure information des patients est d’autant plus cruciale que la méconnaissance des Français en matière de coût réel des soins est aujourd’hui patente. Les Français sous-estiment ainsi de manière très importante le coût d’une journée d’hospitalisation : ils la chiffrent en moyenne à 498 €, soit au minimum deux fois moins que son coût réel.
  • Or, vraisemblablement conscients de leur connaissance lacunaire du coût des soins et de l’importance de la responsabilisation de chacun, 91% des Français trouveraient normal de connaître le coût précis supporté par la collectivité pour leurs propres soins (dont 70% « tout à fait normal ») même s’ils leur sont entièrement remboursés.
  • Ils souhaitent également la mise à disposition d’outils de comparaison officiels : 88% jugent souhaitable une information officielle permettant de comparer les tarifs, les prestations et les dépassements d’honoraires des médecins et des structures de soins (dont 50% « tout à fait souhaitable ») et 69% considèrent souhaitable un classement officiel des établissements hospitaliers élaboré par le Ministère de la Santé (dont 30% « tout à fait souhaitable »).
  • Au total, l’édition 2010 de « l’Observatoire Sociétal de la Santé » fait apparaître des Français davantage disposés à faire eux-mêmes des efforts supplémentaires et convaincus de l’importance d’un comportement responsable de la part des patients. Les Français semblent ainsi prendre progressivement conscience du rôle citoyen que doivent jouer les assurés / usagers.
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